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Réaliser une analyse cartographique avec des mailles ?

Lorsqu’on décide de réaliser une analyse cartographique par maille, et comme pour tout travail d’analyse, il y a un certain nombre de choix à réaliser : le choix des données utilisées pour l’analyse, le choix des traitements statistiques, des choix graphiques et sémiologiques… et surtout, le choix des mailles utilisées !

En effet, le maillage est l’un des paramètres à part entière de l’analyse, et il existe un certain nombre de mailles différentes, avec toute une variété de tailles et de formes.

Mais pour commencer, qu’est-ce qu’un maillage et à quoi peut-il servir ?

Qu’est-ce qu’un maillage, à quoi sert-il ?

Pour faire simple, un maillage est un découpage d’un espace géographique en plusieurs unités simples contiguës. Ces unités sont toutes accolées les unes aux autres et ne présentent aucun chevauchement. Pour visualiser une maillage simple, on peut par exemple imaginer une grille.

Les mailles sont utilisées dans beaucoup de domaines comme l’archéologie, l’urbanisme… Et elles sont très couramment utilisées en écologie, par exemple pour étudier la répartition des d’espèces. Un maillage peut ainsi être utilisé pour l’analyse des données : on peut penser aux atlas cartographiques présentant des nombres d’observations d’une espèce, la richesse taxonomique des différentes mailles d’un territoire, ou encore les pressions de prospection…

Les mailles peuvent également être utilisées en amont des analyses, lors de la phase de terrain. On peut en effet diviser la zone d’étude grâce à un maillage (soit sur une carte servant à se repérer sur le terrain, soit de façon physique, par exemple à l’aide de cordes tendues).

Quels sont les types de mailles que l’on peut utiliser ?

Le maillage peut être régulier, avec des mailles de formes et de dimensions identiques, ou bien irrégulier avec des mailles de formes et de dimensions hétérogènes.

Les formes et dimensions des mailles vont influencer les résultats de l’analyse, ainsi que le rendu cartographique. Il est donc évident que connaître son objet d’étude est un point essentiel… mais également de faire un bon choix de maillage !

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Et c’est plus simple quand on a une idée des différents types de mailles disponibles, non ?

Nous allons donc voir quelques types de maillages – pour des données vecteurs – qui peuvent être utilisés pour des études environnementales.

Mailles régulières

Les mailles régulières sont tout simplement des mailles de forme et de dimension identiques.

Mailles carrées

Il s’agit certainement du maillage le plus simple, constitué de carrés contigus formant une grille. Ce type de maille est fréquemment utilisé en écologie, notamment pour l’édition d’atlas de biodiversité (comme l’édition d’atlas de répartition d’espèces par exemple).

Exemple de la répartition d’une espèce végétale, selon des mailles carrées de 10 km de côté, sur le site du SI-FLORE, le système d’information national flore, fonge, végétation et habitats, données du réseau des CBN.

Mailles hexagonales

Il est également possible d’utiliser des mailles de formes hexagonales. Ces mailles sont elles aussi utilisées en écologie. Moins simple à interpréter que la maille carrée, la maille hexagonale présente l’avantage d’avoir une forme plus proche du disque, ce qui réduit l’effet de décalage géographique au sein de la maille comme cela peut être le cas dans un carré.

Autres formes géométriques

Il existe également des maillages réguliers constitués de triangles, ou encore d’autres formes géométriques, comme des rectangles ou des losanges par exemple.

Exemple de maillage triangulaire, utilisé dans le cadre d’échantillonnage systématique pour une étude des pollutions du sol par le BRGM.

Mailles irrégulières

Contrairement aux mailles régulières, les mailles irrégulières sont des mailles de forme et de dimension différentes. Ces mailles présentent de nombreux biais, et devraient donc être proscrites dans certains cas d’analyses, en particulier les analyses de densité.

Mailles administratives (communales, départementales…)

Les mailles irrégulières très fréquemment utilisées ne sont ni plus ni moins que les célèbres limites administratives : limites communales, départementales, nationales, etc.

Ces mailles, comme toutes mailles irrégulières, présentent de nombreux biais (par exemple, les communes ou les pays n’ont pas tous la même superficie), ce qui demande de bien choisir les analyses que l’on souhaite faire avec de tels types de maillages.

Exemple de représentation cartographique de la présence de loups en France en 2015, mélangeant des mailles irrégulières départementales et des mailles régulières carrées de 10 km de côté.

Mailles exotiques !

S’il est possible d’utiliser des mailles aux formes totalement différentes les unes des autres telles que les limites communales, on peut tout aussi bien imaginer l’utilisation de maillages « exotiques » ! Si tant est que de telles mailles soit justifiées dans une analyse, les logiciel SIG comme QGIS peuvent tout à fait les afficher et les utiliser en tant que paramètre pour réaliser des calculs sur les données.